Le Gougerot Sjögren en 100 questions

Les 100 questions

3. 1. Mieux comprendre comment prendre en charge un SGS - Comment soulager les principaux symptômes ?

49. Comment traiter les signes cutanés ou muqueux ?

Dernière mise à jour : 27-09-2012

La xérostomie ou sécheresse buccale est particulièrement invalidante. C’est la réalisation quotidienne de soins de la bouche et des dents qui va permettre de diminuer, au moins partiellement, cette sensation. Le brossage de dents biquotidien est nécessaire car la raréfaction de la salive augmente le risque de problèmes dentaires. L’utilisation régulière d’un hydropulseur, jet dentaire à faible pression, peut améliorer un peu ce symptôme. Il est par ailleurs très fortement recommandé de consulter fréquemment le dentiste ou le stomatologiste, qui pourra effectuer des soins spécialisés. L’utilisation de certains substituts salivaires, ou de gels buccaux, est utile, car diminue au moins partiellement l’impression de bouche sèche. Il s’agit par exemple de substituts salivaires (par exemple Artisial®, Syali-Spray®), dont l’efficacité est transitoire. Un produit plus stable, un peu huileux, sous forme d’un spray de petit format (par exemple Aequasyal®), peut soulager la sensation de bouche sèche. Certains gels buccaux sont disponibles en parapharmacie, tels que BioXtra®, par exemple. La prise de boissons fréquentes (par exemple : eau gazeuse additionnée d’un peu de jus de citron, ou eau minérale) peut aider au cours de la journée, de même que le fait de mâcher du chewing-gum, qui stimule la production de salive de façon mécanique par les glandes salivaires. D’autres complications peuvent aggraver le syndrome sec buccal et doivent être traitées. Il faut, par exemple, rechercher une candidose buccale, qui est une prolifération anormale d’un champignon, candida albicans, présent physiologiquement dans la bouche, et qui peut aggraver la sensation de sécheresse, donnant une impression de cuisson de la muqueuse buccale. Cela se manifeste par l’apparition de dépôts blanchâtres ou noirâtres sur les joues, la langue, sous les prothèses dentaires. Le traitement de cette candidose est parfois difficile, doit souvent être prolongé, basé sur l’utilisation de bains de bouche et d’un antifongique, soit par voie locale (par exemple Fungizone ®, Nystatine®, Daktarin®), soit par voie générale (par exemple Triflucan®). Le risque est la propagation de cette candidose au niveau de l’œsophage. Les fissurations des commissures labiales (perlèches) sont fréquentes, très inconfortables et parfois douloureuses. Il faut alors les traiter soit par des pommades à base d’antibiotiques, qui permettent une cicatrisation rapide, soit par des crèmes antifongiques, lorsqu’il y a une petite surinfection par un champignon. La xérose cutanée, ou sécheresse cutanée, peut entrainer des démangeaisons (ou prurit). Il est donc important d’hydrater quotidiennement la peau, grâce à des crèmes émollientes, qui vont permettre de restaurer la souplesse et l’hydratation de la peau. Certains compléments alimentaires, à base d’acides gras polyinsaturés, peuvent aider à diminuer cette sensation de sécheresse cutanée, mais n’ont pas prouvé leur efficacité de façon formelle. Certaines lésions cutanées sont liées à des complications de la maladie (purpura vasculaire, ulcères de la peau), et doivent conduire à mettre en place un traitement plus spécifique, par voie générale. Il faut également traiter une sécheresse vulvaire et vaginale. En effet, la sécheresse vulvo-vaginale est une complication invalidante du syndrome de Gougerot Sjögren. Elle peut se traduire par un prurit, un inconfort permanent, des douleurs lors des rapports sexuels. Elle peut justifier l’application d’une crème vaginale, à base d’œstrogènes, ou l’utilisation d’ovules gynécologiques qui peuvent améliorer les symptômes. Ces traitements comportent des hormones (œstrogènes), qui justifient la même surveillance et ont les mêmes contre-indications qu’un traitement hormonal substitutif. Il faut donc prendre l’avis d’un gynécologue. Certains lubrifiants, peuvent également être utilisés sans restriction. Cette sécheresse vulvo-vaginale peut également être responsable d’infections urinaires basses ou « cystites » à répétition, justifiant une hygiène parfaite, la prise de boissons régulières, l’utilisation d’une œstrogénothérapie locale dans certains cas. L’utilisation de canneberge (Cranberries) peut être intéressante, soit en complément alimentaire, soit en jus, en diminuant la capacité de certains germes d’infecter la vessie. La liste des produits cités n’est pas exhaustive.

À retenir

Le syndrome sec buccal nécessite une hygiène bucco-dentaire rigoureuse et quotidienne. La peau sèche peut être améliorée par l’utilisation d’émollients. Le syndrome sec vaginal peut être amélioré par certains traitements locaux (ovules).
Précédent Haut de page Suivant