La Polyarthrite Rhumatoïde en 100 questions

Les 100 questions

3. 5. Mieux comprendre comment prendre en charge une polyarthrite rhumatoïde -
Quels sont les traitements de fond de la polyarthrite rhumatoïde ?

44. Quels sont les différentes catégories de traitements de fond ?

Dernière mise à jour : 22-10-2018

Il est actuellement admis que l’on peut classer les traitements de fond en 4 catégories (cf annexe 1) :
• Les traitements de fond conventionnels synthétiques (abbréviation en anglais : cs DMARD pour conventional synthetic Disease Modifying Anti-Rheumatic Drug).
• Les traitements de fond par biothérapie originale (abbréviation en anglais : b DMARD pour biological DMARD).
• Les traitements de fond par biothérapie biosimilaire (abbréviation en anglais : bs DMARD pour biosimilar DMARD).
• Les traitements de fond synthétiques dirigés sur une cible particulière (abbréviation en anglais : ts DMARD pour targeted synthetic DMARD).


Ces différentes catégories reposent sur 3 notions.

1. Le mode de fabrication des médicaments.
À l’heure actuelle, on peut avoir recours :
• Soit à des techniques de pure chimie (c’est la méthode dite synthétique, c’est l’exemple du méthotrexate, du léflunomide, de la salazopyrine... Mais également des nouvelles thérapeutiques comme les inhibiteurs de l’enzyme appelée JAK).
• Soit à une technique demandant à des êtres vivants (cellules) de fabriquer des médicaments. On les appelle des biothérapies.

2. La façon dont on les a découverts.
• Soit le médicament a été découvert plus ou moins par hasard (c’est la méthode dite « conventionnelle ») ou du moins grâce à l’observation méticuleuse de certains médecins. C’est ainsi qu’un médecin anglais travaillant en Afrique dans les années 1930 s’est aperçu que le traitement visant à prévenir/traiter le paludisme (nivaquine) améliorait les patients souffrant de polyarthrite. On lui doit la découverte de l’hydroxychloroquine (Plaquénil®). En France, le Docteur Forestier, travaillant dans un sanatorium à Aix-les-Bains dans les années 1920 (époque où l’on attribuait beaucoup de maladies à la tuberculose et où l’on proposait un traitement par sels d’or aux tuberculeux), s’est aperçu que les patients ayant des rhumatismes inflammatoires étaient améliorés par le traitement par sels d’or, ceci a conduit à la découverte de l’aurothiopropanol-sulfonate (Allochrysine®) (traitement de fond conventionnel qui n’est plus utilisé à l’heure actuelle).
• Soit le médicament a été conçu grâce à une meilleure connaissance de la maladie. En effet, depuis que l’on connaît les mécanismes précis impliqués dans la PR (c’est par exemple la communication entre 2 cellules par le biais de molécules appelées cytokines ou l’exemple d’enzymes à l’intérieur d’une cellule qui stimule ou freine le processus inflammatoire), des traitements précisément dirigés contre un de ces mécanismes ont été élaborés (on parle de « thérapeutique ciblée »). C’est l’exemple des médicaments dirigés contre la cytokine appelé TNF, d’où le nom d’anti-TNF et c’est aussi l’exemple plus récent de médicaments dirigés contre une enzyme particulière comme l’enzyme JAK, d’où le nom d’inhibiteurs de JAK.

3. Le fait que ce soit un médicament « original » ou pas.
En effet, une firme pharmaceutique qui découvre un médicament est assurée pendant une période (en général 15 ans) qu’elle sera la seule à pouvoir le commercialiser. Au terme de cette période (expiration du brevet) d’autres firmes pharmaceutiques pourront fabriquer et commercialiser ce médicament. On les appelle « génériques » quand il s’agit de médicaments fabriqués de manière synthétique/chimique. On les appelle « biosimilaires » quand il s’agit de médicaments fabriqués par biothérapie.

Un tableau en annexe 1 résume les principaux médicaments disponibles pour chacune des catégories.

À retenir

Il existe 4 grandes catégories de traitements de fond. Ces catégories reposent sur 3 notions :
1. leur mode de fabrication (soit de manière chimique/synthétique, soit par biothérapie qui est une technique plus complexe et plus onéreuse),
2. la façon dont on les a découvert (soit plus ou moins par hasard, on parle de thérapeutique conventionnelle, soit grâce à la connaissance de mécanismes très précis impliqués dans la maladie, on parle de thérapeutique ciblée),
3. le fait que ce soit un médicament « original » ou pas. On distingue en effet les molécules originales/parentales (fabriquées par la firme pharmaceutique qui les a développées), des molécules dites génériques (pour les médicaments chimiques) ou biosimilaires (pour les biothérapies).
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