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rhumatoïde au quotidien
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Un régime alimentaire peut-il influencer l'activité (douleur, gonflement) de la polyarthrite rhumatoïde ?
Dernière mise à jour : 30-05-2006

Il faut insister sur le fait que ce domaine fait l'objet de nombreuses publicités mensongères. Les arguments sont toujours séduisants, mais reposent rarement sur des bases scientifiques.
Quatre propositions peuvent être discutées :
1) le jeûne (suppression totale des aliments) ;
2) l'exclusion d'un ou plusieurs aliments (régime d'exclusion) ;
3) la supplémentation en graisses particulières ;
4) les manipulations immunologiques par l'alimentation.

1) Le jeûne :
le jeûne permet d'obtenir une diminution de l'activité inflammatoire de la maladie et donc une amélioration de la symptomatologie articulaire. La poursuite de cette diète par un régime lacto-végétarien n'entraîne pas le maintien de l'amélioration. L'intérêt de cette observation est du domaine de la recherche et on ne saurait conseiller un tel régime à long terme. Il est dangereux de jeûner pendant une période prolongée.

2) L'exclusion d'un ou plusieurs aliments :
deux arguments sont à l'origine d'une telle proposition :
• Certains aliments pourraient entraîner des manifestations de type allergique se traduisant par une poussée de la maladie. Cette hypothèse est née de l'observation de quelques rares personnes dont le rhumatisme a cédé après exclusion d'un aliment particulier (par exemple produit céréalier ou produit laitier). En fait, il est probable que bon nombre de ces patients ne souffraient pas véritablement d'une polyarthrite rhumatoïde mais plutôt de ce qui est appelé "rhumatisme allergique". Si vous suspectez qu'un aliment particulier ait pu provoquer une poussée, il faut essayer de démontrer qu'il existe une relation de cause à effet entre la poussée de la maladie et l'aliment suspect avant de l'exclure définitivement de votre alimentation. Pour cela, il faut adopter la procédure suivante : d'abord en parler librement avec votre médecin, faire un bilan clinique et biologique de la maladie tout en continuant à prendre cet aliment, puis supprimer totalement l'aliment suspect de votre alimentation pendant 4 à 6 semaines (test d'arrêt) et enfin revoir le médecin à la fin de ce test pour discuter avec lui de la suite à donner;
• La seconde hypothèse est sans fondement scientifique réel. On suppose que certains aliments (produits céréaliers, laitages, graisses animales, aliments cuits) pourraient interférer avec la flore intestinale et le système immunitaire. Il a donc été proposé d'exclure tous ces aliments chez tout malade souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Ces régimes sont à l'origine de nombreuses carences alimentaires et n'ont pas démontré leur efficacité.

3) La supplémentation en graisses particulières (acides gras) :
On commence ici à rentrer dans un domaine plus scientifique.
• L'histoire débute sur la constatation suivante : la polyarthrite rhumatoïde serait moins fréquente et surtout moins sévère chez les Esquimaux. Or, les Esquimaux ont une alimentation très riche en huiles et chair de poissons.
• L'inflammation observée chez l'homme est due à l'action de certains acides gras dont la fabrication dans l'organisme peut être modulée par l'alimentation. En effet, il existe plusieurs possibilités pour enrichir l'alimentation en acides gras particuliers :
Modifier ses habitudes alimentaires et préférer les acides gras qui ont une action anti-inflammatoire (acides gras oméga 3, acides gras oméga 6). En Annexe 15, se trouve la liste des principales sources alimentaires de ces acides gras. Il faut reconnaître que cette simple modification d'habitude alimentaire ne peut avoir qu'une efficacité minime. Ainsi, les deux attitudes suivantes ont été préconisées :
• Supplémenter l'alimentation par des gélules contenant ces acides gras omega 6 particuliers (acide gamma-linoléique). Ces gélules (d'huile de bourrache ou d'onagre) sont disponibles en pharmacie et parapharmacie, mais elles sont chères, non remboursées et peu dosées en acides gras (à titre d'exemple, 20 gélules d'huile de bourrache ou d'onagre sont équivalentes à une cuillère à soupe d'huile de bourrache). Ces huiles ne sont pas présentes dans l'alimentation courante.
• S'aider de médicaments contenant de plus fortes doses de tels acides gras. Les médicaments disponibles en France ont été développés pour traiter des troubles métaboliques (hypertriglycéridémie). Ils ne sont pas indiqués dans la polyarthrite rhumatoïde. Par ailleurs, leur dosage est encore insuffisant pour avoir un effet anti-inflammatoire net. Dans d'autres pays et notamment dans les pays scandinaves, des gélules chères et non remboursées par les services de santé sont disponibles en pharmacie.

4) Manipulations immunologiques par l'alimentation :
Nous avons vu que certains (dont nous ne faisons pas partie) préconisent d'exclure certains aliments qui pourraient influer sur le système immunitaire. Il existe une autre voie de recherche concernant "la tolérance orale".
L'histoire débute par les deux constatations suivantes :
• La cause de la polyarthrite rhumatoïde pourrait être que l'organisme ne reconnaît plus comme sien (ne tolère plus) son cartilage (riche en collagène).
• L'alimentation contient du collagène qui est bien toléré. L'idée a été de supplémenter l'alimentation des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde en collagène. Pour cela, il a été donné des "concentrés" de collagène de poulet (une gélule correspondrait à plusieurs dizaines de rostres de poulet). L'efficacité de ce type de traitement n'a pas été confirmée et pourtant nombreuses sont les publicités arguant de l'intérêt d'une telle supplémentation, même en utilisant de plus faibles doses que dans l'étude initiale, avec des sources de collagène différentes (cartilage de requin, etc.).
Notre conseil
 
• Ayez une alimentation équilibrée (cf. Annexe 16)
• Ne jeûnez pas.
• N'excluez pas systématiquement de votre alimentation un aliment réputé allergique. Avant d'exclure un aliment a priori suspect, il faut recueillir des arguments de poids en suivant strictement la procédure indiquée.
• Nous manquons d'arguments scientifiques pour recommander systématiquement une supplémentation en acides gras. Néanmoins, l'enrichissement de votre alimentation en poissons gras, voire en huiles (citées ci-dessus) pourrait être éventuellement utile et sans danger.
• Nous ne recommandons pas de suivre les régimes supposés capables de "manipulations immunologiques"
 
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