Lupus en 100 questions

Les 100 questions

Calvià 4. MIEUX COMPRENDRE comment vivre avec un lupus ?

71. Doit-on suivre un régime alimentaire particulier dans le lupus ?

conocer personas benahavís Dernière mise à jour : 30-12-2010

Longyearbyen OUI, une bonne hygiène alimentaire (alimentation équilibrée) est nécessaire dans toutes les maladies inflammatoires, et même chez tout sujet ! L’intérêt d’un régime spécifique lupus est très souvent évoqué. En réalité, ce régime peut avoir trois objectifs différents.
- Le régime peut permettre de contrôler une éventuelle surcharge pondérale, et surtout d’éviter le risque d’athéromatose des artères qui est un problème important dans le lupus (même en l’absence d’obésité).
L’athéromatose est une maladie de la paroi des vaisseaux, en partie provoquée par des anomalies des graisses (hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie), mais aussi par l’existence d’une maladie inflammatoire chronique, comme le lupus. Le régime doit donc permettre de normaliser le cholestérol grâce à une alimentation équilibrée, en évitant les « mauvaises graisses » animales (beurre, crème, charcuteries), au profit des « bonnes graisses » végétales (huile d’olive…). En cas de nécessité, un suivi diététique et médical est indispensable.
- Le régime peut aussi avoir comme objectif de limiter les risques de la cortisone.
- Le régime peut avoir comme objectif d’essayer de contrôler le lupus, « en manipulant » la réaction immunitaire.
Pour cela, différentes attitudes ont été proposées, mais aucune d’entre elles n’ont été validées dans le lupus : Un apport en graisses particulières, appelées acides gras Omega 3 ou 6, peut éventuellement permettre de réduire l’inflammation. Ces « bonnes graisses » ont peut-être un rôle bénéfique pour réduire le risque cardiovasculaire lié à l’athéromatose.
Cependant, si ce bénéfice a été documenté dans la polyarthrite rhumatoïde, il ne l’a pas été jusqu’à maintenant dans le lupus.
En pratique, cet apport en acides gras, qui n’est pas néfaste, peut se faire de différentes façons :
- en modifiant son alimentation, par la suppression des graisses « animales », au profit des graisses de
poisson,
- en complétant son alimentation par des gélules, ou de l’huile, contenant un acide gras Omega. Il s’agit de gélules ou d’huiles de bourrache, ou d’onagre, disponibles en pharmacie ou parapharmacie (non remboursées). Il faut signaler que ces huiles ne sont pas présentes dans l’alimentation courante.
Des régimes préconisent l’exclusion d’un ou plusieurs aliments. Certains aliments (laitages, graisses animales, aliments cuits, produits céréaliers) pourraient interférer avec le système immunitaire, en modifiant la flore intestinale. Ces régimes d’exclusion sont souvent proposés dans les maladies inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde et le lupus. Même si ces régimes donnent parfois l’impression d’améliorer la situation, il n’y a pas de preuves scientifiques qui le démontrent. En revanche, une exclusion prolongée de ces aliments peut entraîner de nombreuses carences alimentaires, et peut avoir des conséquences sur l’état général et éventuellement l’os (risque d’ostéoporose).
Cependant, dans de rares cas, certains patients signalent des manifestations douloureuses après certains aliments. Celles-ci pourraient traduire l’existence d’une réaction « allergique » alimentaire à certains produits (laitiers ou céréaliers essentiellement).
Cette réaction est souvent difficile à démontrer. Cette situation peut être discutée avec votre médecin qui peut vous demander d’exclure l’aliment suspect de votre alimentation pendant 6 semaines (test d’arrêt), puis de la réintroduire.
Le jeûne éventuellement suivi d’un régime lacto-végétarien pourrait permettre de réduire l’inflammation. Dans le lupus, cette attitude n’a aucun fondement. De plus, il est dangereux de jeûner pendant une période prolongée, en raison du risque de carence vitaminique.
Des expériences scientifiques ont été faites pour essayer de modifier le comportement du système immunitaire par l’absorption de différentes molécules. L’objectif est d’induire une tolérance immunitaire par voie orale. Pour l’instant, il n’y a aucune application dans le lupus.

A retenir

Une bonne hygiène alimentaire est indispensable dans le lupus pour réduire le risque d’athéromatose (atteinte cardiaque) et le cas échéant, éviter les risques de la cortisone. De nombreuses hypothèses ont évoqué la possibilité qu’un régime pourrait aussi contrôler le lupus, mais aucun d’entre eux n’a fait la preuve formelle de son efficacité. Cependant, l’absorption de bonnes graisses (riches en Oméga 3) et éventuellement la suppression d’un aliment susceptible de provoquer une réaction « immunitaire » peut s’envisagerà condition de rester raisonnable. Il faut conserver un bon équilibre alimentaire pour éviter de provoquer des carences notamment en vitamines et en calcium.
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